Les différentes techniques végétales

Les berges des voies navigables ont de nombreuses fonctions. On peut les regrouper selon quatre fonctions :


Fonctions physiques

Les berges séparent l’eau de la terre, elles doivent donc permettre :

le soutènement de l’ouvrage et sa pérennité : c’est l’une des raisons pour lesquelles des protections sont mises en place, afin d’empêcher toute dégradation.

l’étanchéité : c’est surtout le cas pour des voies en remblai où les fuites peuvent avoir de lourdes conséquences.

la circulation sur un côté de la voie d’eau : c’est le chemin de halage qui doit être présent sur un côté et qui agit directement sur la berge.

l’effet brise-vent : la végétation des berges peut atténuer l’effet du vent sur la voie d’eau. Ceci atténue l’évaporation de l’eau et peut améliorer les conditions de navigation.

l’atténuation des inondations : la végétation ralentit les courants lors de crues et atténue ainsi les effets érosifs de la crue.


Fonctions biologiques

C’est un terme complexe qui renferme de multiples fonctions. La berge est tout d’abord un lieu d’échanges très riche :

échanges d’eau entre la voie d’eau et la nappe d’eau. Les végétaux ou autres facteurs biologiques peuvent intervenir dans cet échange en concentrant l’eau dans leur racine.

transferts de substances entre la voie d’eau et la terre, dans les deux sens. Des sels dissous (comme les nitrates) peuvent être véhiculés par l’eau vers la voie d’eau.

dépôts ou départs de sédiments minéraux arrachés à la berge ou au contraire accumulés par les courants.

circulation des animaux de l’eau vers la terre et inversement afin de trouver de la nourriture ou de changer d’habitat. Il est donc important qu’ils puissent changer librement de conditions (eau ; eau/terre ; terre) pour vivre.

filtre de l’eau. La végétation de berge a un rôle très important de filtre. Elle filtre les eaux arrivant des terres voisines par absorption, assimilation ou transformation de substances. La végétation filtre les polluants éventuels et limite ainsi la pollution des eaux.

C’est aussi un lieu d’habitats : la berge constitue un lieu très riche en végétation et en faune. La diversité végétale induit une diversité animale et un lieu de nourriture riche pour cette population. Les racines des plantes en bord de berge servent de refuge à la faune piscicole. Les oiseaux trouvent des abris dans les arbres de bordure de cours d’eau. C’est encore un corridor biologique : cela signifie que les berges constituent, par leur linéaire, une voie privilégiée de communication pour la faune entre plusieurs milieux naturels. La berge est un axe de migration animale.

C’est enfin une protection contre le rayonnement solaire. Par son ombrage, la berge empêche l’ensoleillement excessif du canal et donc les problèmes tels que l’eutrophisation du milieu.


Fonctions socio-économiques

La première vocation des voies d’eau navigables est le transport de marchandises ou de personnes. Cela apporte des contraintes à la gestion des berges qui doivent donc être conçues de manière à permettre le passage des bateaux.

Le développement touristique a également induit des modifications dans le mode de gestion des berges, puisque celles-ci peuvent maintenant accueillir diverses activités telles la pratique du vélo, la randonnée ou la pêche. Les berges sont ainsi remodelées pour répondre à ces nouvelles attentes.

La protection des riverains vis-à-vis des risques d’inondations ou d’érosion des terrains engendre également de nombreuses interventions sur les berges.


 

Fonctions paysagères

Les trois fonctions précédentes ont un impact direct sur la fonction paysagère des voies d’eau. La recherche d’une esthétique est de plus en plus recherchée en raison de l’attrait touristique de la voie d’eau. Il ne faut toutefois pas confondre cette fonction esthétique avec la fonction biologique, comme on le fait souvent.


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C’est pour répondre, chaque fois que cela est possible, à la totalité de ces fonctions que les techniques végétales doivent être privilégiées dans chaque opération de protection de berge. Si ces techniques s’avèrent, après examen, inutilisables, il est possible de recourir aux techniques mixtes qui allient génie végétal et génie civil. Le recours à des techniques minérales telles que les enrochements ou les palplanches ne doit être envisagé qu’en dernier lieu et pour des besoins bien spécifiques.

 

Techniques du caisson végétalisé :

 

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Les caissons de bois végétalisés sont le seul type de protection issu des techniques végétales applicable pour des talus à forte pente et d’une hauteur relativement élevée.

Les caissons présentent une structure en bois faite de troncs d’arbres (longrine et moises), remplie de matériaux alluvionnaires et protégée par un géotextile synthétique ;

Sur la partie supérieure, on réalisera une plage d’hydrophytes et d’hélophytes.

Tout d’abord mettre en chômage la portion du canal où est réalisée la technique végétale.

Terrasser le talus pour obtenir le recul nécessaire et préparer l’assise avec des matériaux alluvionnaires drainants, l’ensemble penté de 5% vers l’arrière.

Ensuite commencer par faire une bêche c’est à dire creuser en dessous du plafond du canal, y insérer ensuite un géotextile synthétique anticontaminant, y déposer une couche de matériaux pierreux pour préparer l’assise.

Sur cette assise, poser les deux premières longrines et placer à l’intérieur, un géotextile synthétique.

Remplir de matériaux terreux et alluvionnaires compacts. Mettre en place en même temps, les matériaux alluvionnaires drainants à l’arrière de la structure pour assurer un drainage des caissons.

Et seulement à partir de ce moment, on peut commencer à empiler et clouer les moises perpendiculairement aux longrines sans oublier de poser au fur et à mesure le géotextile de protection de type BIDIM. Jusqu à – 20 cm du PES quand cette étape est finie, on remplit l’intérieur du caisson végétal de remblais compactés, constitués de matériaux terreux et calcaire. On fixe ensuite sur le dessus de notre caisson une première géogrille en polyester puis un géotextile coco tissé (H2 M9 900g/m² et enfin un dernier feutre de coco non tissé 1000g/m². Sur ces 3 couches on remblaie avec de la terre végétale pour reconstituer une pente douce puis l’on recouvre cette terre avec le restant de nos 3 couches précédentes que l’on fixe au sol à l’aide d’agrafes en métal. Nous pouvons enfin mettre en place les plantes hydrophytes et hélophytes à travers le géotextile pour finaliser le caisson végétal.

Et on pratique un ensemencement total des parties travaillées avec un mélange grainier à fort pouvoir racinaire.

 

Berge avec frayère :

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La reconstruction de berge à vocation piscicole consiste à installer une fascine pré-végétalisée à l’arrière d’un alignement de pieux et au-dessus de demi-dosses ayant les fonctions de soutènement..

Tout d’abord mettre en chômage la portion du canal (vidange du bief de son eau) pour réaliser l’ouvrage en technique végétale. Ensuite, aménager à l’arrière, une zone de haut-fond (-0,50 m/ PES) sur une largeur de 2,50m, afin de créer une zone favorable à la population piscicole. Sur la partie extérieure du talus mettre en place un alignement de pieux en bois imputrescible d’une longueur d’un mètre cinquante, de diamètre 10/15cm et espacés de 0.50m dans lequel on intercalera un lit anti-affouillement en plançon de bois dur. En appui sur les pieux en partie intérieure fixer des grumes coupées en deux aussi appelées demi-dosses, tous les 30m, des pertuis seront ouverts afin de permettre une circulation d’eau pour absorber le phénomène de chasse, lors du passage des bateaux. A l’arrière de ces pertuis, et sur une longueur de 3m, on réalise un tressage de branches de saule autour de pieux fichés, afin de recueillir et d’absorber l’énergie liée au batillage. Enfin dessus les demi-dosses, installer des boudins de coco végétalisé et préfabriqué qui sont livrés par camion. A une distance reculée d’à peu près 2.50 mètres de la première rangée de pieux, on installe d’autres pieux sur lesquels sont fixés des tressages de brins de saule (sortie de pertuis). Derrière ceux-ci, placer du remblai terreux engazonné. Entre les deux rangées de pieux on pose un géosynthétique de séparation puis un peu de remblai et une couche de terre végétale recouverte d’une natte en géotextile de coco. C’est dans cet espace que l’on installera les plantes hélophytes et hydrophytes pour constituer la frayère.

 

Plage d’hélophytes et d’hydrophytes :

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La plage d’hélophytes (herbacées semi-humides) et d’hydrophytes est un boudin de géotextile rempli de matériaux terreux, végétalisé de mottes de végétaux aquatiques et placé à l’arrière d’une ligne de pieux espacés de 0,40m.

Tout d’abord mettre en chômage la portion du canal où doit être réalisée la technique.

Il faut planter une rangée de pieux en bois à environ 2 mètres de la berge initiale. On dépose ensuite entre la berge et le pieu une première géogrille synthétique puis au-dessus un treillis de coco tissé et ensuite une natte de coco non tissé. On remblaie par-dessus des matériaux terreux compactés puis l’on recouvre ces matériaux avec le reste de nos 3 couches précédentes. On insère ensuite au plus près de la rangée de pieux des hydrophytes qui seront recouvertes par l’eau et un peu plus au-dessus des hélophytes qui elles n’auront que les pieds dans l’eau. Au- delà de ces plantes un mélange grainier sera semé jusqu’au haut de la berge.



Enrochement / hélophyte :

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Tout d’abord mettre en chômage la portion du canal où doit être réalisée cette technique mixte. Ensuite il faut commencer par faire une bêche c’est à dire creuser en dessous du plafond du canal afin d’ancrer convenablement les blocs d’enrochement, y insérer ensuite un géotextile non tissé aiguilleté en polypropylène sur lequel sera déposé l’enrochement sur toute la partie mouillée. Ensuite on va venir poser un boudin végétal constitué, d’une géogrille synthétique suivi d’un treillis de coco tissé et d’un revêtement en natte de coco non tissé. Sur ces 3 couches de géotextiles vont être déposé des matériaux terreux compactés. Ces 3 couches vont être rabattu et ancrés à l’extrémité dans une sainée et agraffé au fond. Une plantation d’hélophytes sera ensuite réalisée sur la pente du boudin végétal ,un peu plus haut sur la berge un ensemencement d’un mélange grainier sera aussi réalisé.



Tunnage :

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Pour réaliser cette technique végétale mettre la portion de canal en chômage. Il faut à ce moment déposer à 4 mètres de la berge un lit anti-affouillement en plançon de bois dur sur lequel va être enfoncée une rangée de pieux en châtaignier sur lesquels sont fixées les demi-dosses en mélèze. Cela nous permet de gagner de la hauteur pour que les plantes installées aient un développement satisfaisant. Ensuite entre la berge et les pieux, 2/3 de remblais vont servir à rehausser le tapis végétal correspondant au tiers restant. Devant lequel un boudin végétal sera placé juste au-dessus des demi dosses et contre la rangée de pieux.



Fascine pré-végétalisée :



Mettre en chômage la portion du canal où ces travaux seront réalisés. Il faut à ce moment déposer à un mètre de la berge un lit anti-affouillement en plançon de bois dur sur lequel va être enfoncée une rangée de pieux en châtaignier ne dépassant pas 10cm au-dessus du niveau de l’eau. Juste derrière, on trouvera une fascine d’hélophytes composée d’une géogrille synthétique, d’une treille de coco tissé, d’un feutre de coco non tissé et d’un noyau de matériaux terreux ou une enveloppe de coco tissé remplie de coco médium ou une fascine préfabriquée constituée de fibre et de copeaux de coco enfermés dans un filet de coco noué. Au-dessus seront installées des mottes d’hélophytes, le reste de la pente sera ensemencé avec divers mélanges grainier.

 

Tressage et natte pré-végétalisée :

Mettre la portion de canal (bief) en chômage. Il faut à ce moment déposer à 2 mètres de la berge un lit anti-affouillement en plançon de bois dur sur lequel va être enfoncée une rangée de pieux en châtaignier ne dépassant pas 15 cm de la surface de l’eau sur lesquels un tressage va être mis en place dont la moitié sera réalisée en saule vivant sur la partie haute et l’autre moitié sur la partie inférieure en noisetier ou charme. Entre la berge et la rangée de pieux un treillis de coco tissé sera appliqué ainsi qu’une natte de coco non tissé placée au plus près du pieu. Des matériaux terreux viendront adoucir la pente de la berge et une natte pré-végétalisée d’hélophytes sera installée par-dessus sur une largeur d’1 mètre et sur le reste un ensemencement grainier sera effectué.


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